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François Coulaud

Balade en Cadillac (17)

Suite de l'extrait de La femme à la fenêtre

 

– Un autre jour… Tu veux tout savoir, espèce de petite curieuse. Eh bien, il te faudra patienter…

C’est elle qui à son tour joue la gamine. Voilà qu’elle se vexe ! Elle a toujours eu un sale caractère ce n’est pas d’hier, une boudeuse, mais il y avait longtemps. Il rit doucement de voir la moue qu’elle porte sur son visage. Elle se détend, rit à son tour. On ne peut lui en vouloir, il est trop jeune, trop beau, trop séduisant.

Brusquement le silence tombe sur leurs épaules, la salle est vide, ils sont les derniers consommateurs.

– Quelle heure est-il ? Une heure déjà ! Il faut qu’on y aille ou on va se faire jeter…

Quelques mots de remerciements au patron, à sa femme. Ils sont charmants, souriants. Marion reviendra.

La rue les prend d’une froideur humide qui ferme les manteaux. Plus un passant, les lumières sont molles. Brève vision d’une soirée-cafard non loin d’ici, un bar de la rue piétonne. Elle a tant changé. Qu’est devenu ce compagnon de beuverie-souvenir ?

Elle resserre son col, allonge le pas. Elle sait qu’il aimerait boire un dernier verre, continuer jusqu’au bout de la nuit. Il a vingt ans. Elle se sent lasse soudain de toute cette différence qui les sépare. Plus envie de faire l’effort.

– Rentrons, je suis fatiguée.

Il ne dit rien, elle lui en sait gré. Ils ne prononcent pas deux mots pendant les cent mètres qui les séparent de la voiture.

La BMW s’ébroue dans un crissement de bitume. Marion a la sensation de décoller. Elle saisit la main de Boris, le regarde, lui sourit. Il serre un peu ses doigts, lui rend son sourire.

La vie a des yeux noirs, ce soir.

 

J'envisage d'arrêter là mon histoire, mais Annabelle a, elle aussi, ces yeux noirs qui me font toujours craquer.
- Tu ne vas pas t'arrêter là quand même ?
- Mais tu sais la suite est beaucoup moins gaie.
- Je veux la suite...
Si on la laissait faire, elle taperait presque du pied.
Souriant moi aussi, je l'embrasse longuement. Toujours savoir profiter des bonnes choses.
Un peu haletant quand même, je lui glisse à l'oreille, dans un souffle.
- Tu veux la suite, la voici.
Et je continue mon histoire.

 

A suivre......

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