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François Coulaud

La plume (Seconde partie)

Une maman ronde, voluptueuse comme un nuage. Pas le bon endroit ni le bon moment affublée qu’elle est du mari et des deux enfants château-de-sable.

Une solitaire qui ne peut que le rester vu sa maigreur d’anorexique qui se croit trop grosse.

Et une silhouette…  incroyable.

Un corps doré à point, un maillot de bain monokini à peine visible, un dos parfait, des cheveux châtains, longs juste ce qu’il faut, arrangés en chignon fllou.

Elle se tourne vers lui, sourit.

Tout est parfait jusqu’au rouge à lèvres à peine marqué, le teint ambré, la nuance d’intelligence dans l’arrondi de l’œil.

Elle fait bouffer ses cheveux d’un geste délicat, s’allonge avec grâce, croise une seconde fois son regard puis ferme les paupières.

Une femme comme on n’en rencontre jamais.

Que lui dire ?

Samuel revisite en quelques secondes sa panoplie de dragueur de faubourg, rien ne va.

Tout est lourd, lamentable, dégingandé.

L’inverse de cette beauté irréelle.

S’il tente la moindre approche en utilisant ses armes habituelles, il est certain du plat absolu, de la plantade de concours, du foirage dont on reparlera encore dans cent ans dans les milieux recommandés.

Que faire ?

Il lui faut une astuce, un dispositif plus subtil, quelque chose d’improvisé qui semble naturel, un miracle en somme.

Il cherche de droite, de gauche tandis que la belle sirène ne semble plus s’intéresser ni à lui ni au reste du monde. Elle s’est retournée sur le ventre, a ouvert un livre, il a pu en apercevoir le titre : « Manuel de sociologie appliquée ».

Y a-t-il même un embryon de chance qu’une naïade de ce niveau puisse s’intéresser à lui ?

Il se sent mal parti, mais il ne veut pas abandonner avant d’avoir tenté l’impossible…

Au moins une fois.

La classe que ce serait de sortir avec elle ! Voilà du souvenir de vacances qu’il pourrait rapporter dans ses bagages à en faire baver les copains pendant vingt générations.

Un prétexte, juste un prétexte et il fonce.

Une plume blanche, délicate, gracile, flotte au-dessus du sable, file un moment au ras du sol, s’envole plus haut, puis vient se poser sur la nuque de l’objet de ses désirs.

La voilà la chance.

Il se lève souplement, allonge les deux enjambées qui les séparent, s’accroupit.

─ Bonjour, excusez-moi ?

Elle lève le nez. Elle est encore plus fantastique de près.

─ Vous avez une plume, là.

Il saisit précisément entre deux doigts le prétexte en priant intérieurement pour que ça marche. Elle se redresse sur les coudes, le fixe bien droit, bien en face.

─ Ah, eh bien quand même ! Il t’en a fallu du temps pour te décider. Encore deux minutes et j’allai partir mais si je suis restée à t’attendre, c’est que, je dois te l’avouer, tu as le plus beau cul que j’ai jamais vu.

De surprise, Samuel laisse s’échapper la plume qui fuit vite, prend son envol très loin au-dessus des flots et repart, joyeuse…

Vers d’autres aventures.

 

Photo : Ben oui Claudia Schiffer, c'est comme ça, on ne se refuse rien aux François-Créations

 

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