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François Coulaud

Balade en Cadillac (24)

Assis sur le muret de l'esplanade du château de Blois, les jambes pendantes à plus de dix mètres au dessus de la rue des jacobins qui termine la place Louis XII, nous regardons les toits puis la Loire.
Sur notre droite, l'église Saint Nicolas, ses grands toits d'ardoise, ses deux tours massives et ce petit clocheton au centre du chœur.
Derrière nous, les pas des visiteurs martèlent le sol. La sensation d'une fourmilière bruyante, des cris, des bavardages, des interjections ponctués de gros mots.
La foule des grands jours déjà.
Se "faire les châteaux de la Loire" pour pouvoir impressionner ses amis avec le diaporama qui va bien.
- Le château de Blois ? Non, ce n'est pas mon préféré. Bien pâle en comparaison de Chenonceau ou Chambord... Aaaahhh ! Chambord !
Mais je suis mauvaise langue, c'est étonnant, ce n'est pas mon genre pourtant !
Annabelle se tourne vers moi, me glisse un baiser sur la joue.
Le monde redevient fabuleux.
Sur le fleuve, une gabarre remonte le courant péniblement. Un groupe d'hirondelles filent au ras de l'eau, attrapant de ci de là, dans une éclaboussure, un insecte posé.
Nous attendons cinq heures dans une poignée de minutes. A cinq heures, les fenêtres et les portes de la Maison de la Magie s'ouvrent pour dévoiler les pattes la tête et la queue du dragon de métal.
Je voulais revoir cette attraction originale avant de continuer notre promenade.
Puis nous irons faire quelques pas vers la gare, glaner quelques souvenirs.
Ma grand-mère, un jour de soleil gai comme aujourd'hui, qui m'emmena visiter Blois en train. Je devais avoir six ans. Cette sensation de soleil, d'immensité, de plaisir, que j'ai gardé ma vie entière.
Et puis cette brasserie, maintenant disparue, où nous fîmes quelques soirées BD-Boumesques, des rires, des déconnades, des crobarts posés sur des morceaux de papier dessinés dans l'instant.
J'en ai retrouvé quelques uns sur des blogs internet. Sympa !
Et enfin ce morceau de parc, s'avançant très haut, dominant la place du château, la façade aux multiples fenêtres, si célèbre.
Ce banc caché qu'on ne remarque pas mais qui voit tout, où l'on ose tout.
Un autre instant de grâce plus... coquin.
Enfin, ce soir, gorgés de soleil, nous retraverserons le pont pour aller manger en face, en terrasse, à l'ombre des arbres. Il y aura du jazz manouche.
Il paraît que la nuit sera belle.

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Elisa 04/06/2020 18:23

Très joli texte, doux et nostalgique, tendre et léger comme une balade au bras de son amoureux.
Merci pour ce retour de "Balade en Cadillac".