Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
François Coulaud

Conversation ésotérique

Dring !

‒ Allo ?

‒ Bonjour Monsieur Coulaud, je suis votre banquier.

‒ Bonjour. Ravi de vous avoir, ce n’est pas si courant de parler à son banquier de nos jours.

‒ Monsieur Coulaud, je veux vous faire un cadeau.

‒ Mais que voilà une bonne idée !

‒ Vous allez bientôt renouveler votre carte bleue, alors je vous propose la carte Gold Master.

‒ Vous me l’offrez ? Que c’est gentil !

‒ Euh non, je vous offre cinquante pour cent de réduction ce qui ne vous fait que quarante-neuf euros cinquante pour l’année entière.

‒ Et si je renouvèle tout bêtement ma carte habituelle, cela me coute ?

‒ Attendez, je regarde. Eh bien, trente-huit euros.

‒ Donc, si je comprends bien, vous me proposez un cadeau qui ne me coutera que onze euros cinquante de plus, voilà bien une proposition de banquier.

‒ Oui, mais la carte Gold Master a beaucoup d’avantages. Vous prenez souvent l’avion ?

‒ Jamais. J’ai peur en avion et puis ça pollue.

‒ Oui, mais vous voyagez à l’étranger ?

‒ Jamais. Je n’ai pas assez d’argent pour ça et puis la France est un pays superbe.

‒ Vous allez au ski ?

‒ Jamais. Trop cher, trop froid, trop haut, trop de monde.

‒ Le train ?

‒ Jamais. Vous savez, dans nos campagnes, le train c’est comme les insectes et les oiseaux, plus le temps passe, moins on en voit.

‒ Ah ! (Silence d’au moins deux secondes). Et un paiement différé, cela vous intéresse ?

‒ Non. Vu le peu d’argent dont je dispose, si je diffère mon paiement mais achète quand même, je me retrouve en découvert et comme vous ne m’accordez pas de découvert puisque je ne gagne pas assez d’argent…

‒ Oui, mais si vous perdez la carte, elle est assurée et vous pouvez continuer d’acheter sans attendre.

‒ Et avec l’actuelle ?

‒ Elle est assurée mais vous ne pouvez pas continuer d’acheter avant d’avoir récupéré la nouvelle.

‒ Ça me fera faire des économies. Non je crois que je vais refuser votre charmant cadeau payant et garder mon ancienne carte moins chère sans cadeau.

‒ Ah ! Eh bien, je le note. Au revoir Monsieur Coulaud.

Il raccroche un peu vite, je le sens crispé. Ce n’est jamais très bon d’avoir un banquier crispé. Qu’est-ce que je pourrais bien lui offrir pour me faire pardonner ?

Je sais, un exemplaire de mon dernier bouquin dédicacé avec une ristourne de vingt pour cent sur le prix majoré de cent pour cent.

Voilà qui devrait lui faire plaisir.

Sachons vivre.

 

Si vous pensez que la photo n'a aucun rapport avec le texte, vous aurez sans doute raison... quoique !

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Ursula 30/08/2020 16:30

Et en plus je parierais que ce dialogue a bel et bien eu lieu et n'est pas inventé...

04/09/2020 08:19

On ne peut rien vous cacher Jolie Ursula. Parfois, François, le paresseux, n'a même pas besoin de se creuser les méninges, il suffit juste de prendre.